Les traitements chirurgicaux

Plusieurs techniques chirurgicales peuvent être proposées. Le choix de la technique lié au volume et à la nature de la lésion de votre sein, l’objectif étant d’assurer une exérèse totale de votre lésion et, dans la mesure du possible, d’atteindre un bon résultat esthétique.

Nous nous efforçons, pour chaque patiente traitée, d’envisager attentivement la question de la conservation du sein avant la prise de décision finale.

Votre avis sera pris en compte dans la mesure du possible ; en tout état de cause, le choix du traitement sera discuté avec vous.

Le traitement conservateur : tumorectomie ou mastectomie partielle

L’oncoplastie (tumorectomie)

La mastectomie totale

Le traitement chirurgical des ganglions lymphatiques de l’aisselle

    La tumorectomie est le traitement proposé lorsque la tumeur est palpable. La tumorectomie, associée à l’analyse des ganglions sentinelles, est souvent la première étape de votre traitement.

    Lorsque la tumeur n’est visible qu’à la mammographie ou à l’IRM, on parlera de zonectomie. Dans certaines formes plus rares votre chirurgien pourra vous proposer une oncoplastie[1].

    L’ensemble de ces techniques permettent de conserver le sein : on parle alors de traitement conservateur.

    [1] Lien vers Oncoplastie

    L’oncoplastie est un ensemble de techniques chirurgicales s’inspirant de la chirurgie plastique. Elle associe l’exérèse tumorale à un remodelage glandulaire, dans le but d’éviter des déformations postopératoires. Elle permet de traiter le cancer du sein en conservant son esthétique : le sein est remodelé, il garde un aspect naturel et conserve sa forme.

    Ces techniques sont utilisées en cas de tumeur volumineuse dans une zone exposée du sein.

    Les incisions sont différentes en fonction de l’endroit où se situe la tumeur. Les cicatrices sont généralement plus étendues qu’avec la chirurgie conventionnelle. L’effet de la radiothérapie permet, à terme, de les atténuer.

    • L’oncoplastie de niveau 1 : consiste en un remodelage simple, avec repositionnement de la plaque aréolo-mamelonnaire.
    • L’oncoplastie de niveau 2 : dérive des techniques de chirurgie plastique.

    Lorsque la préservation du sein dans le cadre d’un traitement conservateur n’est pas envisageable, la mastectomie est nécessaire. Elle consiste à enlever la glande mammaire dans son intégralité et impose l’exérèse de l’aréole et du mamelon.

    Après cette intervention, le chirurgien vous proposera une reconstruction mammaire[1] qui, en fonction du type de la lésion, pourra être immédiate (en même temps que la mastectomie), ou différée (dans l’année qui suit la fin de l’ensemble des traitements).

    Le projet de la reconstruction est un choix personnel auquel il est nécessaire de réfléchir. Nous pourrons vous proposer une prothèse mammaire externe à placer dans le soutien-gorge, si vous ne désirez pas de reconstruction ou dans l’attente d’une reconstruction différée.

    Lors de L’intervention chirurgicale, le praticien devra le plus souvent procéder au retrait des ganglions lymphatiques en vue d’analyse. Ces ganglions, appelés ganglions sentinelles, sont situés à la racine du bras, dans l’aisselle ; ils drainent la lymphe du sein.

    Il est important de les examiner afin de déterminer si des cellules cancéreuses s’y trouvent.

    L’exérèse de ces ganglions permet par ailleurs, s’ils sont atteints, de diminuer le risque de récidive de la maladie cancéreuse.

    La technique du ganglion sentinelle

    Quand la tumeur est de petite taille, il est possible d’utiliser la technique dite du ganglion sentinelle. Cette technique permet de repérer le premier ganglion qui pourrait être envahi si des cellules cancéreuses avaient migré.

    On dispose de deux moyens de repérage de ces ganglions :

    • Le premier est réalisé dans les heures qui précèdent votre intervention. Dans le service de médecine nucléaire, un traceur isotopique est injecté sous anesthésie locale, en regard de la tumeur. Ce produit migre rapidement via la lymphe vers les ganglions de l’aisselle. Dans les minutes qui suivent l’injection, une scintigraphie permet de visualiser la localisation des ganglions sentinelles afin de guider le chirurgien au cours de l’intervention.
    • Le second consiste à utiliser un colorant bleuté, injecté par le chirurgien au début de l’intervention. Le colorant va migrer en quelques minutes vers les premiers ganglions de l’aisselle.

    L’incision pratiquée se situe à la racine du bras, à la limite de la zone de pilosité. Le chirurgien commence l’intervention par le retrait du ou des ganglions sentinelles.

    Pendant l’exérèse de la tumeur proprement dite, les ganglions sont examinés par l’anatomopathologiste. Si l’analyse est normale, il n’est pas nécessaire de prélever plus de ganglions. Par contre, si un ou plusieurs ganglions sentinelles sont atteints, il est nécessaire de compléter par un curage axillaire.

    La technique du ganglion sentinelle permet souvent d’éviter un curage inutile s’il n’y a pas d’atteinte en-dehors de la zone tumorale, mais également de pratiquer un curage immédiat si le ganglion sentinelle est atteint.

    Cette technique n’est malheureusement pas infaillible : dans 15 à 20 % des cas, le chirurgien sera contraint de pratiquer un curage complémentaire quelques jours après la première intervention.